Le débat d’orientation budgétaire c’est en Mars ! 🗓 🗺
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Hôtel de Ville de Saint-Denis Carte

Vos élu(e)s préparent activement le débat d’orientation budgétaire.

Discours du co-président du Groupe lors du dernier Conseil Municipal

 

Mes chers collègues,

Le débat d’orientation budgétaire est crucial, il détermine les orientations en matière de recettes et de dépenses. Or je ne vous apprends rien, nos difficultés budgétaires doivent être abordées avec lucidité, sérénité et courage.

Mais avant, je veux d’abord souligner que je partage la colère de nombreux de nos concitoyens. La pression sur le pouvoir d’achat, les licenciements, la montée insupportable du chômage (plus 1 million en cinq ans), la précarité galopante, les suppressions de postes dans l’éducation nationale, les services de sécurité et la santé : tout cela provoque de l’exaspération.

C’est d’autant plus vrai que les inégalités et les injustices ne cessent de s’aggraver.

Que les écarts entre les 5% de Français les plus riches et tous les autres atteignent des sommets.

Tout est difficilement ressenti dans une ville populaire comme la nôtre, j’en ai des témoignages quotidiens.

En premier lieu un constat partagé par tous s’impose à nous : la baisse des dotations de l’Etat est désormais largement connue puisque cela fait 3 ans que le gouvernement se désengage, il se désengagera davantage encore au fur et à mesure. En perte cumulée, nous avons près de 16 M€ d’effort depuis 2013.

Notre dotation baisse donc après après année, inéluctablement. Et mes chers collègues vous le savez notre territoire est en difficulté et plus encore ses habitants et citoyens qui sont aussi des contribuables. Qu’on en juge : on recense aujourd’hui à Saint-Denis plus de 60% d’employés et d’ouvriers, le revenu médian des habitants de Saint-Denis est même bien inférieur (10100 euros) au revenu médian du département de Seine Saint-Denis.

Dans ces conditions nous avons le devoir de proposer des solutions autres que la énième hausse de la fiscalité, solution facile mais solution aussi inique que l’action de l’Etat, augmenter les impôts c’est accroître la pression sur une population pauvre et même paupérisée, c’est faire fi des difficultés que rencontrent les habitants de cette ville, comme expliqué auparavant.

En ce mois de débat sur les finances, les hypothèses d’augmentations des impôts touche tous les échelons, les collectivités locales en passant par les départements et pour finir par les régions

Dans ces conditions il nous paraît juste de réduire la voilure du PPI, laissons un temps de respiration à nos concitoyens. Enlevons pour un temps la panoplie du « bâtisseur » pour revêtir celle du « gestionnaire ».

Gestionnaire qui va trouver des sources d’économies dans les dépenses somptuaires de l’EURO qui devrait être pris intégralement en charge par la Multinationale UEFA ! J’en connais ici, parmi vous, qui fut un temps n’hésitaient pas à fustiger les méfaits du grand capital et bien le voici le Capitalisme sportif international avec sa cohorte de scandales !

Et voilà pour le premier million d’euros. Ensuite le « maire gestionnaire » va s’attacher à accélérer la modernisation de son administration et à augmenter le taux de présentéisme des agents de la ville, voilà au bas mot 2 millions d’euros, sans compter ce qu’il en coûte des services publics malmenés et non réalisés du fait d’un présentéisme très insuffisant.

Enfin, il faut ajouter la fiscalité ménage additionnelle qui doit revenir à la ville du fait de l’institutionnalisation de la MGP au 1er janvier 2016.

A ce compte nous demandons même une baisse symbolique des impôts locaux !

Nous avons le devoir ensemble de présenter un budget sans augmentation de la pression fiscale, ni diminuer les services rendus à la population.

Vous allez me dire comment faire pour mettre un cercle dans un carré, la quadrature du cercle, eh bien je vous dirais travailler à des solutions pérennes ensemble.

Malgré un contexte budgétaire particulièrement contraint et des compétences devant être réduites par la publication de la Loi NOTRe, il faut poursuivre notre action territoriale, dite de proximité, tant en accompagnement des associations ou, encore, en poursuivant des partenariats établis.

En effet, il convient, non pas de stopper brutalement des initiatives, ni des démarches qui ont vocation à s’inscrire dans des processus d’amélioration continue, mais, au contraire, de poursuivre notre action en faveur de la recherche de l’efficience de l’action publique, de l’efficacité, de l’innovation sans oublier les principes du développement durable ou encore la lutte contre le changement climatique.

L’action menée au travers des programmes contre l’habitat indigne et la précarité énergétique doit être poursuivie.

La recherche de nouvelles pistes et marges de manœuvre doit nous mobiliser, elle ne doit pas pour autant nous immobiliser, c’est pourquoi ce budget 2016 sera aussi un budget d’espoir et de combat.